vendredi 27 janvier 2006

Comme dans mon enfance

J'ai eu un «flash» ce matin, en traînant au lit après une nuit trop courte parce que je me suis encore couchée trop tard, occupée que j'étais à lire diverses choses sur Internet. Quand j'étais petite, j'avais toujours le nez dans les livres. J'ai appris à lire vers 4 ans je pense, j'ai fait ma première année à 5 ans, mais maman m'avait montré à lire avant. Alors à partir de ce moment jusque vers 14 ans, je ne faisais que lire. Je ne jouais pas, je lisais. Je n'ai jamais appris à sauter à la corde, ni à jouer à l'élastique. Je lisais en mangeant et si je n'avais pas de livre devant moi, je lisais les boîtes de céréale. Une fois que je savais le texte par coeur, je m'amusais à chercher successivement toutes les lettres de l'alphabet, dans le français mais aussi dans l'anglais (ma carrière de traductrice vient de loin). Quand on est arrivés à Québec, je lisais encore plus qu'à Chicoutimi. J'avais 10 ans et je lisais dans l'autobus scolaire, je lisais même en marchant entre l'arrêt du bus et la maison. Une amie de ma mère me voyait passer tous les jours et trouvait que j'avais l'air d'un curé le nez dans son brévaire. Au début de l'école secondaire, je lisais pendant certains cours, mon livre sur les cuisses, caché par mon pupitre. J'ai quatre frères et soeurs, tous plus jeunes que moi. J'ai côtoyé un peu celui qui vient juste après moi, mais les trois autres (qui ont respectivement 8 ans et 10 ans de moins que moi - mes soeurs sont jumelles), je les ai à peine vus lorsqu'ils étaient petits. Je vivais ailleurs, dans mes livres.

Le résultat de cette enfance le nez dans les livres : je n'ai eu aucun mal à devenir traductrice, mais j'ai très peu de coordination, n'ayant pas assez joué à l'âge où il aurait fallu pour développer ça.

Eh bien on dirait que je reviens à mon enfance, mais en plus techno. Je passe mon temps à lire sur Internet, au lieu d'aller jouer dehors... Heureusement qu'il n'y avait pas d'ordis et surtout pas d'Internet quand j'étais jeune. C'est difficile de lâcher l'ordi quand on trouve constamment quelque chose d'intéressant à lire sur un site ou un autre.

Mais je fais un effort pour faire autre chose, je sais que ce n'est bon ni pour mes yeux, ni pour le reste de mon corps. Avez-vous remarqué comment on peut avoir une mauvaise posture quand on est à l'ordi? Et si vous êtes comme moi, quand on lit quelque chose d'intéressant, on peut rester longtemps sans bouger, sauf l'index qui contrôle la souris.

Bon, je vais aller faire autre chose. :-)

2 commentaires:

Choubine a dit...

Ouais, nous nous ressemblions pas mal à ce que je vois! (Pour le manque de coordination, en tout cas... Et je lisais dans l'autobus scolaire et pendant les cours, mais dans la rue je chantais, comme Joselito; dans les deux cas, ça dérangeait pas mal de monde - sauf que les professeurs me laissaient faire.) Toutefois je viens d'une famille de la campagne, de la circonscription de Portneuf plus précisément (oui, celle qui a élu André Arthur...), et aucun adulte chez nous ne lisait quoi que ce soit (mon grand-père recevait pourtant "Le Soleil") ni ne savait l'anglais. Qu'à cela ne tienne, comme toi j'essayais d'apprendre sur les boîtes de Corn Flakes et d'autres céréales. Avant mes premiers cours d'anglais, j'étais ainsi venue à la conclusion que "to you" voulait dire "bonjour", parce que sur l'emballage il y avait en anglais "The best to you", et en français "Le meilleur bonjour"... J'avais du chemin à faire.

Panthère rousse a dit...

Mais tu vois, tu t'intéressais déjà à la traduction. Personne ne parlait anglais chez nous non plus, ma mère a appris par la suite en regardant des «soaps» américains à la télé. Ce qui prouve que même les émissions les plus idiotes peuvent être utiles... Ma mère adorait lire, elle adore toujours ça mais elle se lance rarement dans un livre, parce qu'elle a l'impression qu'elle ne fera plus rien d'autre. Je crois que c'était son grand-père qui disait : «Une femme qui lit, ça ne fait pas grand-chose dans une maison» et tout le monde réprouvait la grand-mère de ma mère qui, au lieu de faire son ménage et de s'occuper de ses enfants, lisait toute la journée, les pieds sur la bavette du poêle.